Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

maudguillen.overblog.com


"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joël Dicker

Publié par GUILLEN sur 22 Décembre 2012, 15:35pm

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joël Dicker

La vérité sur l’affaire Harry Quebert, c’est 700 pages qu’on ne voit pas défiler quand il n’y a pas ces longueurs. On suit deux choses en même temps : l’écriture même du livre de Marcus Goldman, écrivain en manque d’inspiration, retourné auprès de son maître à penser Harry Quebert, mais aussi une affaire de meurtre car depuis la découverte macabre sous la terre de son jardin, Harry Quebert est soupçonné d’avoir tué une jeune fille, Nola Kellergan, trente ans plus tôt. S’ensuit une longue reconstitution, Goldman décide de rétablir la vérité en trouvant le véritable coupable, et son amateurisme suscite diverses fausses pistes qui ne font que renforcer cet agréable mystère.

C’est un roman français fortement emprunt de la culture américaine. L’histoire se déroule aux Etats-Unis, non loin des élections présidentiels de 2008, dans une petite ville tranquille du New Hampshire du nom d’Aurora. Le roman fait fusionner plusieurs éléments entre eux : la quête quasi spirituelle du jeune écrivain Goldman, des histoires d’amours passionnelles et déçues, des complicités fortes et suspectes, une enquête en éternel rebondissement menée par Goldman. On passe sans cesse de la persuasion aux doutes ; c’est en cela que Joël Dicker jongle aussi bien avec ses lecteurs : il nous emmène vers un chemin et prend subitement un virage à toute vitesse ; il fait en sorte que la curiosité nous anime, ouvrant tout les champs des possibles. C’est au premier abord un bon thriller, le récit est construit comme tel, de manière à mettre autant d’éléments que possible en suspens ; mais il est aussi une satire sociale de la société de consommation, de l’industrie du livre, des préjugés qui tendent à suspecter l’un plutôt que l’autre… . Tout n’est pas réussi comme il l’aurait fallu car même si on pensera au livre à la vue de mouettes, on ne regrettera pas beaucoup les personnages. En effet, la psychologie des personnages est peu recherchée, peu profonde, plutôt basique et caricaturale. Prenons Goldman et Quebert par exemple, se sont des écrivains ratés, glorieux mais solitaires, beaux mais célibataires. La famille Quinn, Jenny et ses parents, eux, sont les bons travailleurs du fast-food d’à côté, caricatures des américains grossiers qui s’empiffrent de hot-dog. En ce qui concerne ce minimalisme sentimental, c’est encore pire lorsqu’il s’agit d’amour. Les Origines du mal, sensé être le chef d’œuvre d’Harry Quebert, s’avère être une suite de lettres sans aucun intérêt, on aurait préféré avoir libre cours à notre imagination plutôt que d’avoir ces extraits du livre sous la patte. Au moins on peut imaginer les peintures de Luther Caleb comme des chefs d’œuvre car l’auteur ne nous les montre pas. En ce qui concerne La vérité sur l’affaire Harry Quebert, je vous laisse en juger par vous-même…

Peinture de E.Hopper

Peinture de E.Hopper

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents