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"Certaines n'avaient jamais vu la mer" de Julie Otsuka

Publié par Maud GUILLEN sur 14 Janvier 2013, 18:48pm

Julie Otsuka, écrivaine américaine japonaise, devient lauréate du prix Femina étranger 2012 pour son deuxième roman : Certaines n'avaient jamais vu la mer. Dans ce roman historique Julie Otsuka retraite le même sujet que pour son premier écrit Quand l'Empereur était un Dieu qui n'est autre que l'immigration des japonais au XXème siècle aux Etats-Unis. L'histoire retracée est celle d'un groupe de japonaises. Pleine de désirs et d'envies, elles traversent l'océan pacifique en étant chacune promise à un homme vivant aux États-Unis. Dans ce voyage en bateau, elles s'imaginent déjà leur futur bonheur sans savoir ce qui les attendent véritablement. Car en vérité, ces jeunes femmes ne sont que la main-d’œuvre idéale, elles ne se rebellent pas, son disciplinées, discrètes, sages, sérieuses... . Malgré leurs grandeurs d'âme, elles n'auront quitté les champs de récoltes du Japon que pour ceux d'Amérique, leurs maisons, que pour des bidonvilles, leurs familles, seulement pour faire le ménage chez les autres ou dans le pire des cas, se prostituer. Pourtant mieux traitées que les noirs et que les mexicains, dont on n'aimerait alors encore moins connaître les conditions de vie, le quotidien de ces japonaises est misérable. De plus, et c'est ce que ce roman raconte également, le Japon et les Etats-Unis entrent en guerre en 1941, après l'attaque de Pearl Harbor. Une déportation de masse est alors la cause de la disparition de ces Japonais sur le sol Américains. Nous avons donc une vision cruelle de l'immigration. Ces japonaises sont accueillies pour les tâches dont personne ne veut et rejetées pour leurs différences. Leurs enfants, eux, pour s'intégrer à l'école, cherchent à ressembler à leurs camarades Américains, allant parfois jusqu'à nier leur propre culture. Vous l’auriez donc compris, le thème traité est passionnant par son universalité, puisqu'il concerne chaque pays du globe et par sa profondeur, entre autre, c'est un sujet philosophique sur la confrontation de différentes cultures et religions. C'est aussi un roman qui illustre, avec poésie, le devoir de mémoire envers les civilisations ayant été opprimées.

La narration est inhabituelle, à la première personne du pluriel, le narrateur a plusieurs voix, ce sont celles de ces jeunes filles japonaises ; on entend alors, au delà du passé, un chant, une plainte polyphonique. On regrette que la "chanson" soit trop souvent monotone, les multiples énumérations rendent la "mélodie" trop répétitive. La pause, comme le dit si bien Stefan Zweig fait, elle aussi, partie de la musique ; Or, la prose de Julie Otsuka manque sévèrement de pause ou du moins de nuances !

"Certaines n'avaient jamais vu la mer" de Julie Otsuka

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leconomix 16/01/2013 16:42

Merci de ce partage d'impression et de votre enthousiasme

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