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"Stoner" de John Williams, traduit par Anna Gavalda

Publié par Maud GUILLEN sur 1 Février 2013, 16:34pm

"Stoner" de John Williams, traduit par Anna Gavalda

Il est aussi impossible de résumer ce roman que de devoir synthétiser en quelques phrases une vie entière, plus précisément celle du personnage principal et éponyme William Stoner. Non pas que sa vie soit exceptionnelle, Stoner n'a rien d'héroïque, ce n'est ni un soldat de l'armée Américaine ni Sainte Thérèse, il n'a rien de féerique, n'ayant aucune corne naissante sur le front et n'a pas non plus la carrure de Barack Obama si l'on en croit sa description. Stoner est un simple fils de paysan, devenu professeur à l'Université du Missouri, marié à une jeune fille de bonne famille et devenu également père d'une petite fille. Cette vie, aussi ennuyeuse qu'elle puisse paraître, contient une véracité propre à chacun car cette vie est aussi la notre. Sur un fond historique des plus sanguinaire et tragique, Stoner découvre la force de la culture. Non pas celle qui n'est rien sans les agriculteurs et l'agronomie, mais celle qui n'est rien sans Shakespears et sans les livres. Lorsque son dernier souffle expire, au moment même où précède sa mort, William Stoner aura puisé la force et la quiétude qui lui était possible d'extraire de sa passion. Econome de mots comme d'effets stylistiques et rhétoriques, John Williams a su répondre à la difficile question : "A quoi sert la littérature?". Sans pour autant tomber dans un essai philosophique, Stoner est un véritable récit à la troisième personne du singulier. Ce roman, nous dit Anna Gavalda, la traductrice et romancière française, "ne s'adresse pas aux gens qui aiment lire, mais aux êtres humains qui ont besoin de lire". Or je ne vois, pour ma part, aucune différence entre "les gens" et les "êtres humains" ni même entre l'amour et le besoin. L'amour entraîne forcément le besoin et à la vue de ces deux mots, il me semble n'en voir qu'un seul. N'étant pas férue d'élitisme je dirais que ce livre s'adresse à tous, passionné ou non de littérature. Ce livre nous apprend que la culture, sous toutes ses formes, est nécessaire à notre bonheur. C'est une force pour les plus faibles.

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